Rapport de stage en long, en large et en travers

En gros

StreetPress est un site web français d’information généraliste. Gratuit, indépendant et participatif. Johan Weisz-Myara, le fondateur du webzine, défini le magazine comme un « média urbain jeune », centré sur la ville et les citadins. Dans la rubrique “Qui sommes-nous ?“ du site, la rédaction affirme exercer « un journalisme de terrain et d’enquête, pour raconter la société actuelle, et porter dans le débat public les questions de la nouvelle génération ».

On retrouve dans les articles de StreetPress une ligne éditoriale jeune, avec des thèmes très récurrents (dénonciation de l’extrême droite, culture urbaine, lumière sur les sans-papiers, relation police-quartiers défavorisés…). Avec des sujets de culture, société, politique ou business sous forme de portraits ou reportages, que les rédacteurs s’appliquent à produire. En 2014, Johan Weisz-Myara précise au webzine Sreet Tease : « La nouvelle formule précise notre positionnement éditorial autour du triptyque “enquêtes, lieux et gens“. Nous parlons des spots urbains, fabriquons des cartes thématiques, proposons des reportages qui évoluent dans la jungle urbaine. Des interviews et des portraits de ceux qui “font la ville“. C’est la vie urbaine à Paris et en banlieue que l’on souhaite raconter ». Un « ton parfois cash » et et un langage « très urbain et décontracté » affirme-t-il dans une interview de 2015 pour Chez les Médias Indés, du Monde.

« On voulait créer un site qui parle à notre génération, qui se pose les mêmes questions que nous et raconte la réalité dans laquelle on évolue, avec un ton authentique et urbain »

Johan Weisz-M à Street Tease, 2014

Mathieu Molard, rédacteur en chef ©Yann Castanier

En détails

Prémices

Avant StreetPress, il y avait StreetReporters. En 2007, Johan Weisz-M, Patrick Weil (sociologue  et historien), Bernard Abouaf (journaliste international et directeur de Radio Shalom) et Cécilia Gabizon (reporter au Figaro) lancent ce site d’information participatif. Un média qui souhaite se démarquer d’une certaine forme de journalisme perçue comme trop sédentaire par les fondateurs. Ce média, destiné au moins de 30 ans, traitait de sujets crées par des “reporters de rue“ (évoqués dans le nom) à l’international, essentiellement en vidéo, photo, audio, ou à l’écrit. 

Le site contraste en offrant la possibilité à ses lecteurs de produire leur propres reportages. C’est donc un véritable journal participatif générationnel, qui réussit à dépasser les 8 000 visiteurs uniques par jour. Mais l’ancêtre de StreetPress s’arrête en 2009, après avoir connu une forte baisse d’audience. 

Lancement

Une partie de la rédaction se retrouve pour lancer StreetPress, qui hérite de nombreuses caractéristiques de son grand frère : cible, valeurs, supports, formats…

La première version du site est co-fondée par Johan Weisz en 2009, avec un investissement de départ de seulement 5 000 €. La banque ne voulant pas faire confiance à un nouveau média, le fondateur fait passer le prêt pour une rénovation de salle de bains. 

Johan Weisz-Myara, fondateur de Street-Press ©Yann Castanier

Péripéties

En 2014, StreetPress publie une enquête (Partie 1, Partie 2 et Partie 3) sur la Ligue de Défense Juive, un mouvement néosioniste d’extrême droite. La même année, Jean-Jacques Chandelier, député communiste demande l’interdiction de la LDJ, en la qualifiant d’« organisation criminelle barbare ». Le fondateur de la ligue mène StreetPress en justice, qui demande a ses abonnés de couvrir les frais d’avocats. Le webzine gagne le procès en octobre 2015.

À partir de 2015, le site enquête sur l’essayiste Alain Soral, ouvertement complotiste et antisémite, condamné plusieurs fois pour incitation à la haine raciale. Y sont notamment abordées les relations entre le Front National et son association Égalité et Réconciliation. Deux journalistes de StreetPress, Mathieu Molard, actuel rédacteur en chef, ainsi que Robin D’Angelo, son prédécesseur ont d’ailleurs publié un livre intitulé “Le Système Soral, enquête sur un facho business“. À peine quelques jours après la parution du livre, aux éditions Calmann-Levy, l’éditeur se fait agresser en pleine rue.

Début 2017, le site lance StreetVox, un participatif pour les présidentielles. Johan Weisz explique au Monde créer un site à la fois média et réseau, « en donnant la parole aux non-journalistes ». Les participants peuvent se faire entendre grâce à des « Vox », de courtes prises de paroles à l’écrit, sur les réseaux sociaux ou en vidéo. Lors de la présidentielle 2017, le réseau-média interview Benoit Hamon autour d’un kebab.

StreetVox a invité le candidat à la primaire socialiste à déguster un kebab sauce harissa. Au menu de cette interview : Police, état d’urgence, nucléaire, publicités sexistes, vote blanc, MMA… Et aussi la boîte à kebab et l’interview #TurFu.

StreetVox est un gros investissement pour le magazine, essentiellement financé par la création de contenus pour des entreprises ou des clients institutionnels. Au total, la création de ce réseau-média coûte à l’agence 280 000 euros.

Cette même année, StreetPress et l’EFJ collaborent pour l’atelier de production « web to print » avec les élèves de première année. Dans un journal papier d’une trentaine de pages, les étudiants sélectionnent les articles de leur choix produits par StreetPress pour en faire une version print. En Une : l’interview kebab de Benoît Hamon. Exclusivement éditée à l’EFJ par les étudiants, la version papier est tirée à 200 exemplaires.

Dans la même période, Inès Belgacem, rédactrice en cheffe adjointe et Matthieu Bidan, chargé de vidéo partent à la rencontre de cinq backeurs pour un webdoc produit par StreetPress.

Le backeur est le pote de l’artiste, le bras droit qui le seconde sur scène. Un rôle qui peut devenir frustrant. OGB, S-Pi, Brav, Gros Mo et Sanka racontent leur vie à l’ombre des projecteurs.

Les deux journalistes s’associent pour produire un mini-docu et faire découvrir ces artistes de l’ombre indispensables au succès des rappeurs, qui les épaulent et partagent la scène avec eux pour les seconder au micro. Dès sa publication, le webdoc est très bien accueilli, et salué par de nombreux médias.

Inès Belgacem, Rédactrice en cheffe adjointe ©Yann Castanier

Lors de leur changement de locaux en 2018, un nouveau format de vidéo rapporte du succès à StreetPress. Tout en restant dans l’esprit “street“, le magazine décide d’inteviewer des rappeurs sur leurs expériences avec la police. Le format des “Interviews G.A.V“ est le plus gros succès que le magazine connait jusque là. Matthieu Bidan invite les artistes, interview et monde les vidéos.

Certaines avoisinent le million de vue (Guizmo, PLK, Kofs, Naps…), tandis que d’autres, l’ont largement dépassé, comme celles de Kaaris (1,3 million), Koba La D (1,9 million) ou encore RK (1,4 million). La chaîne Youtube du magazine explose, et une audience beaucoup plus jeune est visée. Cependant, cette audience adolescente reste sur la chaîne, et le site ne ressent pas ce succès.

Matthieu Bidan, chargé de vidéo ©Yann Castanier

« C’est comme si la chaîne Youtube et le site étaient deux médias différents. Lorsqu’on parle du site, personne ne semble connaître StreetPress. Mais dès qu’on évoque les “Interview G.A.V“, tout le monde voit de quoi on parle »

Mathieu Bardeau, directeur des Opérations

Le 21 mai 2019, “Gilets Jaunes : une répression d’état“ est enfin dévoilé au grand public. « Pour la première fois, la répression du mouvement social des Gilets Jaunes est décryptée dans un film documentaire », annoncent les journalistes via leur compte tweeter. Deux jours plus tôt, il avait été projeté en avant-première, dans une salle de cinéma que StreetPress a loué pour l’occasion. À la fin de la séance, les co-réalisateurs (Mathieu Molard, Matthieu Bidan et Cléo Bertet montage) ainsi que quelques participants au documentaire ont pu répondre aux questions des invités.

[DOCU] Depuis 6 mois une répression inédite s’abat sur le mouvement des Gilets jaunes. Le documentaire inédit de StreetPress décrypte les dérives du maintien de l’ordre.
✊ Rarement un mouvement social n’a été autant réprimé. RT un maximum ✊https://t.co/Apwn8JuuIl— StreetPress (@streetpress) 21 mai 2019

Pendant près d’une heure, des journalistes, sociologue, avocat, blessées, militants, policier, ancien ministre de l’Intérieur analysent la stratégie de maintien de l’ordre adoptée pendant le mouvement des Gilets Jaunes. Une politique de gestion de foule qui ne date visiblement pas d’hier, déjà adoptée il y a 50 dans les quartiers populaires et aux abords des stades.

Après six mois de manifestations violentes, de prises de risques par les journalistes et photographes (dont Yann Castannier, pour StreetPress, Libération, Le Figaro…) et de recueil de témoignages, toute l’équipe est fière de partager ce documentaire.

En chiffres

Pour la première fois en 2014, StreetPress engage une personne en service civique en tant que community manager. Cette nouveauté permet au site de booster considérablement l’audience. Entre octobre 2014 et janvier 2015, les fans ayant rejoint la newsletter du magazine ont augmenté de 50%. Encore plus spectaculaire, la page Facebook gagne 15 000 « likes » pendant le mois de janvier. Elle passe donc de 5 à 2 000 « j’aimes » en un mois. Mathieu Bardeau, directeur des opérations me confie que la rédaction assimile cette période au « premier tournant majeur pour le magazine ».

Entre octobre 2013 et juin 2014, le site comptabilise jusqu’à 35 000 utilisateurs par jour pendant les temps de l’actualité, contre 60 000 à la même période l’année suivante. Quotidiennement, ce chiffre oscille entre 3 000 et 8 000 visiteurs. L’année d’après ils sont en moyenne 15 000 chaque jour. 

Lors d’un entretien, le chef des Opérations, Mathieu Bardeau me confie cependant que la boîte n’a jamais eu de véritables « moments de mou ».

Mathieu Bardeau, directeur des Opérations ©Yann Castanier

« On n’est jamais dans l’opulence donc ce ne sont pas les montagnes russes, on a toujours fait quelque chose d’artisanal avec peu de moyens ».

C’est en général lorsqu’il se passe un événement fort (campagne du nouveau modèle économique, soirée des 10 ans, sortie d’un documentaire…) qu’une dynamique avec l’audience se fait ressentir. Par ailleurs, lorsque la société reçoit un nouveau financement ou une nouvelle subvention, ni les chiffres ni le travail diffèrent pour autant. « C’est vraiment StreetPress qui rythme la boite, si il se passe quelque chose, toute la société est impliquée », poursuit-il.

Aujourd’hui, le site rassemble plus de 20 000 followers sur son compte Twitter, presque 4 000 abonnés sur son Instagram et environ 67 000 likes sur sa page Facebook. StreetPress regroupe environ 100 000 abonnés pour sa newsletter et 200 supporters mensuels. Visant une étroite partie de la population (« un média surtout destiné aux 22-35 ans » précise son fondateur), le webzine ne s’attend pas à une audience spectaculaire. Cependant, grâce aux enquêtes poussées et aux révélations parfois piquantes, StreetPress est régulièrement repris par les médias et à la radio, dans les revues de presse des matinales .

En fait

StreetPress repose sur un modèle économique complet. La majeure partie des revenus de la société provient de prestations de services, autrement dit de la création de contenus avec la société attachée StreetProd. « Nous avons une activité avec des clients pour qui nous produisons des magazines, des docs vidéos, des contenus éditoriaux pour le web ou le mobile », précise Johan Weisz à Street Tease en 2014. Cette source de revenus non négligeable varie de 50% à 70% suivant les années.

« Le site d’infos est notre cœur de métier. Mais à côté, on a une boite de prod’ qui nous permet de dégager du cash pour faire vivre le site en créant des contenus textuels et vidéo pour des clients institutionnels, ou en leur vendant de la formation »

Mathieu Molard, rédacteur en chef, au Monde, 2015

Les autres 30% à 50% proviennent des subventions, telles que les Fonds d’Aide à la Presse, ainsi que des publicités vendues sur le site. La publicité reste cependant un très mince moyen de financement pour le site, toujours pour conserver son indépendance. Les guides et cartes de Paris dépliables que produit la société reçoivent également des sponsors. « Nos revenus proviennent des annonceurs et partenaires qui veulent toucher la cible des 20-35 ans sur la région parisienne, et de notre expertise en production de contenus éditoriaux », poursuit le fondateur, toujours pour Street Tease.

Pour ses 10 ans, StreetPress change son modèle économique. Auparavant basé sur de la création de contenu vidéo pour des ONG, marques ou institutions, le magazine s’appuie désormais sur le soutien de ses lecteurs. En donnant un montant minimum de 4€ par mois, les “supporters“ contribuent à garder une info « accessible à tous ». « C’est pour ça que StreetPress est gratuit et le restera. Mais cette info a un coût » écrit la rédaction sur le site. 

« Chez StreetPress, aucun milliardaire n’est aux commandes et nous dit quoi écrire. Nous sommes un média financé par des lecteurs, comme vous. »

Site de StreetPress

Dans la vidéo de campagne, réalisée à l’occasion, les participants insistent sur la volonté de « donner une voix aux sans-voix ». En filmant différents profils de personnes représentant les minorités en France, le webzine s’engage à ne jamais les laisser de côté, voire même mettre la lumière sur ces derniers.

Vidéo de campagne pour le membership ©Saïd Belhamsali

« On arrive à payer tout le monde et à être à l’équilibre, à 1 000 euros près », confie le directeur des Opérations. « Nous n’avons pas vraiment changé notre modèle économique car l’ancien ne marche pas. Mais parce qu’il y  a des membres de la rédaction comme Said Belhamsali ou moi-même qui ne travaillent pas du tout sur StreetPress ou très peu. On est donc obligés de développer d’autres activités en parallèle ce qui nous sortent un peu  de la raison de pourquoi on est là tous : éditer un site de presse indépendant », regrette-t-il. 

Saïd Belhamsali, chargé de la vidéo ©Yann Castanier

« On a donc demandé aux lecteurs de participer, en payant par eux mêmes et que le site soit viable de lui même. Si jamais le site vient un jour à faire des bénéfices, idéalement on aimerait arrêter les activités parallèles mais ça n’arrivera pas tout seul. » 

Très attachés à leu indépendance, les membres de la rédaction comptent, utiliser les abonnements comme un argument pour attirer le financement. « L’argent des abonnements ne nous permettra pas de survivre, mais le fait d’en avoir et de montrer qu’on est soutenus permettra peut-être d’aller chercher des financements, des subventions, des nouveaux investisseurs qui mettront de l’argent dans StreetPress… » 

En parallèle

Pour ne pas devoir obéir à « un milliardaire aux commandes », comme il est écrit sur le site, le magazine compte aussi sur plusieurs activités extérieures. « On n’a toujours pas trouvé la recette pour financer un site d’info par lui même à moins d’avoir des investissements de régie publicitaire », explique Mathieu Bardeau. « Et encore, on n’est pas sûrs que ça marche. On voit bien que c’est le cas pour peu de médias, et cela nécessite des investissements conséquents que l’on ne peut pas faire. Il a donc fallu qu’on développe des activités qui rapportent de l’argent pour pouvoir financer le site internet. »

Jeunes Médecins

La création de contenus pour l’association Jeunes Médecins est la première. Chaque année, le collectif, composé de trois médecins verse environ 40 000 euros à la société StreetPress pour produire articles, vidéos, sondages ainsi que la tenue des réseaux sociaux de l’association.

Depuis 2013, StreetPress est aussi rédacteur et éditeur du magazine des Jeunes Médecins intitulé « H ».  Elsa Bastien, ex-journaliste à StreetPress occupait le rôle de rédactrice en cheffe du trimestriel.

Dans la rubrique “Qui sommes- nous ?“ du site de Jeunes Médecins, l’association se présente comme « une structure innovante pour unir, représenter et défendre les intérêts des jeunes médecins quel que soit leur mode d’exercice ». « Organisation syndicale, laïque et indépendante des partis politiques, Jeunes Médecins a pour vocation l’étude, la défense morale et matérielle des intérêts tant collectifs qu’individuels des jeunes médecins et de tout ce qui se rattache à l’exercice de la profession ».

En février 2019, le psychiatre et président de Jeunes Médecins, Emmanuel Loeb revient sur la création du collectif lors d’un entretien avec le site d’information médical Remède.org : « Lorsque j’ai fini mon internat en 2015, j’ai constaté qu’il existait une vraie problématique de représentation et d’engagement des jeunes médecins. […] C’est ainsi que nous avons eu l’idée de créer une structure plus transversale et horizontale, qui ne soit pas un syndicat au sens vertical du terme ». 

« Via la plateforme, nous allons encourager les jeunes médecins à se mobiliser pour la défense de leur profession et à s’investir aux élections hospitalières et autres instances représentatives de la profession. »

Emmanuel Loeb, au Remède

La création de contenu pour ce collectif nécessite qu’un journaliste s’en occupe à temps plein. Mais comme le regrettait Mathieu Bardeau un peu plus tôt, tout le temps passé à la création de contenu pour des entreprises ou des institutions n’est pas investi pour leur propre magazine. Certains journalistes s’éloignent alors de leur ambitions premières.

En 2018, Camille Hamet rejoint la rédaction en tant que productrice de contenu pour Jeunes Médecins. Accompagnée de Johan Weisz, ils organisent chaque semaine des conférences de rédaction express avec les membres du collectif, pour décider du thème qui sera traité pendant la semaine sur le site.

Rémunérée par la société StreetPress – qui elle-même est payée par Jeunes Médecins pour ces prestations – Camille Hamet rédige quasiment la totalité des contenus du site, deux jours par semaine. « Je ne travaille pour Jeunes Médecins seulement deux jours dans la semaine. Le reste du temps, je me focalise sur la réalisation de mon deuxième documentaire et je donne des cours d’éducation à l’image à de jeunes enfants », m’explique-t-elle.

Conditions de travail, projet parental chez les médecins, politique de santé, décompte des heures… Les sujets à traiter ne sont pas ce qui manque. Camille Hamet et Johan Weisz rédigent les publications et veillent à leur diffusion sur les réseaux sociaux. Sous forme de brèves, d’interviews, revue de presse, pétitions, ou encore de sondages ; publiées sur le site et partagée sur les réseaux sociaux.

Depuis peu, le collectif produit aussi des vidéos. Des courts formats de 3 minutes maximum dans lesquels des médecins s’expriment sur le sujet de la semaine. Des publications qui ont une bien plus large audience, notamment sur la page Facebook et le compte Twitter du collectif.

Et même pendant le tournage… notre jeune médecin @jeannegoupil est interrompue dans ses activités ! #tempsdetravail — JEUNES MEDECINS (@JeunesmedecinsF) 30 mai 2019
(Propos recueillis par Camille Hamet – Images/Montage : Emma Breuil)

Réseau Entreprendre Paris

En tant que société productrice de contenu, StreetPress peut être amenée à créer des mooks (mélange entre un magazine et un livre avec un contenu journalistique) pour des clients institutionnels ou des entreprises. Cette année, pour son quinzième anniversaire, le Réseau Entreprendre Paris (REP) a fait appels aux rédacteurs de StreetPress.

Cette association publique regroupe 14 000 chefs d’entreprise qui accompagnent chaque année quelques 1 400 créateurs d’entreprise bénévolement, comme Kelly Daily, Michel et Augustin ou encore Ma Petite Culotte.

La direction du REP et quelques lauréats ont pris contact avec Johan Weisz et Mathieu Bardeau pour imaginer ensemble à quoi leur livre de consécration allait ressembler. Nombre de pages, contenu, couverture, dimensions, budget… Tout doit être pensé de A à Z.

Lors d’une première conférence de rédaction, Johan Weisz propose un plan détaillé et quelques idées de sujets très journalistiques (data, grand entretien, brèves). Le REP évoque à son tour des idées, plus pointues, avec des sujets plus complexes et surtout de lourds messages qu’il leur tiennent à cœur de partager pour cette occasion. Ensemble, ils discutent et voient ce qui est faisable. Deux jours plus tard, le chemin de fer est terminé, la rédaction peut commencer.

Au sommaire, un grand entretien, des succès story, une carte de Paris vue par le REP, des mots croisés, un reportage photo… Après plus d’un mois de rédaction partagée entre les lauréats, Johan Weisz et Célia Mebroukine, journaliste indépendante, le mook est prêt. Il ne reste plus qu’à attendre les exemplaires imprimés.

En tant que stagiaire

StreetPress m’a ouvert ses portes pour deux mois. J’ai rendez-vous à avec « Jo », de son vrai nom Johan Weisz-Myara. Après m’être perdue 2 ou 3 fois entre la entre la gare et la rédaction, je le rencontre enfin. Caché au fond d’une petite cour arborée, dans les quartiers populaires de Montreuil, le QG est vraiment sympa . Le « Calife du magazine » -comme aime se surnommer Jo-, me présente rapidement l’équipe puis me fait visiter les locaux.

Et puis c’est parti. Le jour même je commence la rédaction. La plus grande partie du temps, j’écris pour Jeunes Médecins. Je rédige les brèves, les sondages et veille à leur diffusion sur les réseaux sociaux. Je dois avouer que ça m’a surprise d’écrire pour des médecins alors que je m’attendais à directement plonger dans le grand bain et traitant de rap, des Gilets Jaunes, et de société.

Après deux ou trois semaines, Camille Hamet me donne davantage de responsabilités en me confiant la production d’une vidéo. Je dois filmer une interview entre ma tuteure et une urgentiste en grève devant la l’hôpital de la Pitié-Salpétrière. Puis, l’étape montage, et ensuite la diffusion. Au total, trois vidéos produites et une dizaine de publications sur le site.

Je participe tout de même aux conférences de rédaction de StreetPress, malgré mon travail exclusivement réservé à Jeunes Médecins. Pour l’instant… Au bout de quelques semaines, on me confie rapidement un compte rendu d’audience à quatre mains avec Anouk Loisel, également stagiaire chez StreetPress.

J’ai également eu à interviewer la nouvelle rédactrice en cheffe du Tag Parfait, le webzine français qui traite de culture pornographique. La préparation de cette rencontre a été longue et laborieuse, car jusqu’ici, le monde du porno était resté loin de moi. Découvrir le parcours de Carmina, productrice de films, travailleuse du sexe, modèle photo, activiste et désormais rédactrice en cheffe du Tag m’a passionnée. L’écriture de son portrait est en cours…

En conclusion

Me déplacer seule à Paris pour une période de deux mois représente une grande étape dans ma vie. Je dois avouer que cette marche a été plutôt difficile à franchir, et j’ai parfois dû me dépasser pour arriver au bout de cette aventure, cette chouette aventure dont je suis fière malgré tout.

Au fil de ces deux mois, j’ai beaucoup appris, autant sur le plan professionnel, social que psychologique. Je ressors grandie de ce stage, avec une détermination plus forte que jamais à poursuivre ce chemin. Je tiens à remercier toute l’équipe de StreetPress, qui s’est toujours montrée patiente, compréhensive et chaleureuse avec moi.

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