Covid-19 : ras le bol du trop plein d’information ?

Couverture : Conférence débat « Informer aux temps du Covid : expertises et incertitudes », lors des Assises du Journalisme de Tours 2020

Les 1er et 2 octobre avait lieu les Assises Internationales du Journalisme de Tours. Naturellement, la thématique de cette 13ème édition avaient pour thématique « Informer aux temps du Covid ». L’occasion pour les professionnels de l’info de dresser un bilan. 

« Cette pandémie affaibli le corps des personnes, elle tue. Il peut en être pareil pour certains médias » alerte Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. La crise sanitaire engendrée par la Covid-19 aura fait changer bien des aspects de notre société, dont bien évidemment la  manière de consommer l’information.

Un avis partagé par une grande partie des internautes

 Selon le sondage réalisé par les Assises en partenariat avec le Journal du Dimanche, France Télévision, France Monde et Radio France, 60% des français estiment que les médias parlent trop de la Covid-19. Cependant, pour 51% des sondés, la principale attente serait pour « des informations plus constructives qui proposent des solutions pour se protéger de la maladie ».

 Le principal reproche était bien-sûr l’incapacité des médias à rassurer les français pendant la pandémie. De fait, 43% pensent qu’ils ont alimenté la peur du virus et 32% qu’ils ont utilisé cette peur pour faire de l’audience. Les sondés ne sont que 13% à se satisfaire de la couverture informatique et en estimant que les médias les ont aidés à calmer leur peur. 

Les réponses des journalistes face à ce sondage s’accordent : « Cette pandémie fait des dégâts certes d’un point de vue sanitaire mais l’ampleur d’un point de vue économique et social, c’est du jamais vue. On n’aurait pas fait notre métier si on n’avait pas traité de ces sujets-là » justifie Gille Von Lotte, directeur délégué aux relations avec le lecteur au Monde.

Un cocktail d’infos trop copieux qui devient anxiogène 

Confinement oblige, les médias français ont dû faire preuve d’imagination pour permettre une couverture non-stop du sujet autrement qu’à leur habitude. Entre inquiétudes et désirs d’en savoir plus, les français se sont rués vers les médias afin de trouver des réponses. Pour faire face a cette faim, les médias ont mis les bouchées doubles dans les rédactions, quitte parfois (souvent) à étouffer les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs. Frédéric Carbonne, journaliste à France Info explique :

« Il y avait un besoin de libérer la parole pendant le confinement. J’ai conscience que ça peut être anxiogène mais il faut savoir couper le poste et faire une pause ».

 Sur BFM, plus de 90% de l’information relayée traitait de la Covid-19. Entre invités, explications, reportages, JT, parfois même diffusés plusieurs fois pas jours voire en boucle… ça peut parfois faire beaucoup. Franck Moulin, directeur adjoint de la rédaction BFM justifie cela. « Tant qu’un événement n’est pas plus important, la Covid-19 s’imposait à nous ».

L’obligation de palier la désinformation

Forcément, la pandémie a profité à la propagation d’information en tous genre sur les réseaux sociaux, surtout pour un sujet si complexe. Entre fausses rumeurs, complotisme désinformation, et mauvaises compréhensions, les fake-news se faisaient nombreuses, et dangereuses. «  Plus le virus avançait, plus il y avait de fake news », déplore Pauline Talagrand, rédactrice en chef de AFP-factuel. « Tous les jours il y a quelque chose à vérifier et parfois, il y a des surprises. » précise Adrien Senecat.

C’est naturellement que les médias se sont vus obligés de lutter contre ce fléau. « On a redonné sens à notre métier », se rassure Anne-Claire Coudray, présentatrice du JT du week-end sur TF1. Tous les intervenants des Asises semblent d’accord avec elle. « C’est le signe de l’utilité du journalisme, et ça, c’est une bonne nouvelle » rajoute Jérome Bouvier, organisateur des Assises. 

Une image à redorer 

La pandémie aurait-elle malgré tout profité aux journalistes ? Ce contexte oblige les professionnels de l’info continue de pousser les rédactions à redoubler d’efforts pour couvrir correctement  et durablement l’information. 

François-Xavier Lefranc, rédacteur en chef de Ouest-France est optimiste : « La Covid a été un accélérateur assez fantastique de l’audience. Aujourd’hui, on entend moins la défiance, cette crise nous a rapproché de notre public, car les gens demandent de l’information en permanence ».

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